1er jour en Espagne - 17



Mardi 15 août 2006

Réveil vers 9h00. J’ai pu dormir un peu, malgré la douleur. Je monte pour prendre mon petit déjeuner. Christian papote avec son père. Il s’est renseigné, pour louer une voiture automatique, afin que nous puissions bouger un peu tout de même. Sympa le papa ! Moi qui nous voyais déjà coincés ici, cela ouvre d’autres perspectives, mon moral remonte.

Cela ne dure pourtant pas. Pour établir le contrat, il faut le permis de conduire. Son père demande à Christian de lui donner… Il ne l’a pas emmené ! Mais quel c…, je rêve. Je dis à son père que moi j’ai le mien, mais je ne suis pas en mesure de rouler. Peut-être qu’en nous mettant tous les deux en conducteur ? Pas sûre que ça passe, mais nous pouvons toujours essayer. J’ai une idée : et si sa sœur nous envoyait une copie par fax de son permis ? Cela suffirait peut-être, à défaut de l'original ?

Il faut qu’on y aille, j’emmène déjà mes papiers, nous verrons sur place.

Nous arrivons à l’agence, le père salue Elmer (j’ai oublié son nom, je vais donc l’appeler ainsi, il ne m’en voudra pas je pense !). Ils se connaissent depuis près de 30 ans. J’apprendrai par la suite que c’est lui en fait qui gère la location de la villa, le reste de l’année. C’est Elmer qui a passé les coups de fil, pour trouver une voiture qui nous puisse nous convenir. Le gars qui va nous louer la voiture arrive, salue tout le monde. Le père explique à Elmer, en allemand, le souci par rapport au permis. Il propose que je donne le mien, en attendant que sa soeur envoie par fax la copie de permis de Christian. Elmer explique tout cela à l’autre gars (le moustachu), en espagnol. Ils discutent un peu, et apparemment ça s’arrange, je n’ai pas besoin de fournir mon permis. Le moustachu complète le contrat de location, et Elmer nous explique qu’il faut lui envoyer le fax directement, d’ici demain (aujourd’hui c’est férié en France !), il complètera le document, cela suffira. Génial, tout s’arrange ! Enfin une chose positive.

Le père nous paye la location pour huit jours, jusqu’à mercredi prochain. Il est génial ce gars, pour un peu je lui sauterai au cou, si j'étais en état de le faire.

Les formalités administratives réglées, le moustachu emmène Christian dehors, pour lui montrer la voiture, lui expliquer le fonctionnement de la capote notamment. Et oui, c’est une C3 pluriel, décapotable et tout et tout. Super comme petite voiture, je vous la recommande, si jamais vous avez l’intention de changer de voiture prochainement ! Belle gueule, maniable, elle consomme peu et se conduit facilement. Presque mieux que ma 206 hi hi.

Le père prend congé de tout le monde, et s’en va avec sa voiture. J’embarque dans la C3 avec Christian. Malgré la douleur, j’ai retrouvé mon sourire. J’ai bien fait de serrer les dents finalement, ça en valait la peine, les prochains jours vont être chouettes (je ne sais pas encore que l'avenir me donnera tort…).

Autre bonne nouvelle : j’ai eu un texto d’Olivier, mon bon ami, ça y est, ils sont à la maternité pour de bon, le bébé s’est décidé à faire connaissance avec le monde. Je suis contente pour lui, je souris, je l’imagine stressé, tournant en rond, impatient que le bébé arrive enfin, cela fait des heures qu’il se fait attendre. En plus, d’après son texto, le bébé ne sera là qu’en fin de journée. J’ai presque envie de lui téléphoner, mais je me retiens, il doit être avec sa femme, et ces moments sont leurs moments à eux, alors pas question de m’en mêler.

Nous voilà de retour à la villa. Tiens, le père n’est pas encore arrivé, pourtant il est parti avant nous ? Bizarre. Nous restons un petit moment dans l’appartement, puis nous montons rejoindre les autres sur la terrasse, il va être l’heure du repas.

Le père est revenu entre-temps. J’entends la mère rouspéter dans la cuisine. Qu’est-ce qu’elle a encore cette fois-ci ?

Nous passons à table, et la mère rouspète toujours. Je finis par comprendre, au bout d’un moment, qu’il est question d’un cendrier. En fait, sur le chemin du retour, le père s’est arrêté à une boutique de céramiques pour acheter un cendrier à sa femme. Le seul hic, c’est qu’elle avait l’intention de le choisir elle-même. Il pensait lui faire plaisir, or elle a très mal pris ce cadeau. Elle n’a pas arrêté de râler et de grommeler, disant qu’il l’avait fait exprès, que c’était pour lui gâcher son plaisir, qu’il savait très bien qu’elle avait envie de choisir toute seule elle-même, etc. etc. Et dire que c’est ces personnes-là qui sont sensées nous montrer l’exemple… Quelles gamineries mon dieu. Il voulait lui faire plaisir, je ne pense pas qu’il aurait été sadique au point de faire exprès, comme elle semblait le croire, il n’a pas l’air assez mesquin pour faire une chose pareille.

Toujours est-il qu’au bout d’un moment, excédé par autant de mauvaise foi, le père s’est énervé à son tour. Il lui a demandé où elle avait rangé le fameux cendrier. Comme elle ne lui répondait pas, il s’est mis à ouvrir les tiroirs, les placards, les uns après les autres. Ayant fini par mettre la main dessus, il a pris ledit cendrier, s’est approché de la balustrade… et l’a jeté en bas, pour clore l’histoire. Je ne dis rien, mais n’en pense pas moins. Mais qu’est-ce que je suis venue foutre ici ???? Je savais déjà que c’était à couteaux tirés entre eux deux, mais à ce point… Et se donner ainsi en spectacle devant moi, et surtout devant les enfants… Ils devraient avoir honte.

Après le repas, Christian me demande ce que j’ai envie de faire. J’irai bien à la mer, mais pas tout de suite, j’ai besoin de me reposer un peu, j’ai mon dos et mon bras qui me font mal à nouveau. Les enfants en profitent pour se baigner dans la piscine, Christian s’amuse avec eux. Je bouquine un peu, allongée sur ma chaise longue.

Il est 16h00 passé, le soleil ne cogne plus trop fort. Nous préparons les affaires pour aller à la mer. Nous nous installons, Christian m’aide à enlever mes habits. C’est chouette, il y a de la place sur la plage, rien à voir avec la Côte d’Azur où les gens sont entassés les uns à côté des autres. Je trempe un peu les pieds, jusqu’aux genoux. Je n’ose pas aller trop loin, les vagues sont fortes tout de même, et j’ai peur de tomber.

Vers 19h00, nous remballons nos affaires. C’était sympa, mais j’ai eu beaucoup de mal à m’allonger confortablement sur le sable. Il faudrait que j’achète quelque chose pour me soutenir le dos, style les demi-chaises que l’on voit parfois. Oui je sais ! ce sont les mamies qui ont des chaises pareilles, ça va hein, ce n'est pas la peine de ricaner, je vous rappelle quand même que je suis blessée, alors j'ai des circonstances atténuantes na !

Repas du soir, assez calme comparé au repas de midi. Christian me propose ensuite d’aller faire une ballade à Estartit, le port est joli à voir, et il y a des magasins vendant toutes sortes de babioles. Je suis reposée, ça me va. Les enfants nous accompagnent.

Pendant que je me prépare, mon téléphone sonne, encore un texto. C’est Olivier à nouveau. Il m’informe que la petite Louise est née à 18h, après césarienne. Je suis trop contente pour lui, je suis émue bien plus que je ne le pensais, c’est génial, il est papa, mon p’tit prince est enfin papa !!! Bienvenue à toi Louise.

Nous arrivons à Estartit vers 21h, il y a du monde ! Nous cherchons un peu avant de trouver enfin une place, près du port. C’est magnifique. Mais c’est bizarre, j’ai l’impression que le ciel se couvre.

Nous nous dirigeons vers les boutiques. Une boutique de parfums à bas prix, j’y traîne un peu, le mien est resté dans le vanity, et vu les prix, c’est peut-être l’occasion d’en acheter un autre. Il fait de plus en plus gris, et ce qui n’arrive quasi jamais en Espagne arriva : il s’est mis à pleuvoir ! Des trombes d’eau. Nous passons encore dans quelques boutiques, espérant que l’orage se calme. Heureusement, elles sont collées les unes aux autres, alors nous ne nous faisons pas trop mouiller. Tiens, une boutique qui vend des sculptures en bois. J’y entre, génial, je viens de trouver le cadeau idéal pour ma petite sœur : une magnifique tête de cheval, elle doit faire près de 40 cm de haut. Superbe ! je suis sûre qu'elle lui plaira. Je regarde quand même le prix : c’est abordable. Je suis trop contente, voilà des journées comme je les aime. Le seul souci, la pluie qui n’arrête pas, si je le prends, ça va l’abîmer. J’en parle à Christian, il me dit qu’on peut revenir un autre jour, ce n’est pas un souci. Je repose donc la tête de cheval, j’espère juste que personne d’autre n’aura l’idée de l’acheter ! Bon au pire, il y en a d’autres dans le même style, un peu moins jolies certes, mais bon.

La pluie n’arrête pas. Amanda a peur, et froid. Moi-même je commence un peu à grelotter. Nous décidons de rentrer. Mais la voiture est loin. De plus, en Espagne, ils ne sont absolument pas habitués à des trombes d’eau pareilles, et l’eau déborde vite fait sur le sol, les caniveaux sont trop petits pour absorber telle quantité d’eau. La ruelle par laquelle nous sommes venus est complètement inondée, il doit bien y avoir 15 cm d’eau, impossible de passer par là ! Amanda pleure maintenant, elle a trop peur, ne veut plus avancer. Gaetan la prend dans ses bras, et la porte aux endroits inondés. Christian et son fils Fabien sautent par-dessus les flaques. Moi, avec mon épaule en compote, je ne peux pas, aussi je suis obligée de mettre mes pieds dans l’eau. Mes pauvres chaussures. Des semelles en liège en plus. Elles ne survivront pas, j’ai dû les jeter en rentrant.

Enfin, nous arrivons à la voiture. Les enfants enlèvent leurs chaussures trempées, et s’installent. Christian démarre, et met le chauffage à fond. Nous sommes rentrés mouillés, mais entiers. Quelle équipée !! Quand je dis que nous avons la poisse, je vais finir par y croire vraiment, ces vacances se transforment de plus en plus en cauchemar…

 

A suivre…

 

Kelya - 27 septembre 2006

 

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