Des vacances de rêve - Nuit d'enfer - 15

 

 

Nuit d'enfer – 13 et 14 août 2006

Arrivée à la gare de Colmar, Christian se gare devant pour décharger les valises. Je l’attends dans le hall pendant qu’il gare sa voiture au parking. Le revoilà. Nous devons aller sur le quai. Il se charge de son grand sac de voyage, ainsi que de son sac à dos. Je le suis tant bien que mal avec ma valise à roulettes (heureusement que j’ai pris celle-là), et mon petit sac à dos. Rien que le fait de tirer ma valise me fait mal, je sens des élancements dans tout le dos, ça commence bien, et ça présage de la suite. Descendre les escaliers, puis les remonter de l’autre côté, ainsi chargée, je n’y arrive pas. Cette situation me déprime, j'en ai marre d’être handicapée comme ça, d’avoir mal au moindre mouvement, et ce n’est pourtant que le début du voyage.

Enfin nous arrivons sur le quai. Il fait gris, j’ai froid. J’aurai aimé qu’il me prenne un peu dans ses bras pour me réconforter, qu’il me serre contre lui, mais rien, aucun geste tendre de sa part. Tant pis, je ne vais pas le supplier non plus ! Je m’assieds sur un banc, en attendant l’arrivée du train. Nous attendons, sans même échanger un mot. Ca me gonfle à nouveau, il ne voit donc pas que je n’ai pas le moral ? Il faut croire que non.

Le train arrive. Notre wagon est tout au bout, c’est presque le dernier. Il faut marcher encore, en traînant les bagages. Christian part devant, je le suis aussi vite que je peux, mais il me distance rapidement. Il grimpe dans le wagon, et quand j’arrive enfin à sa hauteur à mon tour, il m’aide (tout de même) à monter les bagages. Il met son sac tout devant, près de l’entrée. Je n’ai pas envie d’y laisser ma valise, je préfère qu’il la monte au-dessus de nos sièges. Il n’est pas content, je le vois à son visage, mais je veux garder ma valise à l’œil, je n'ai pas envie de risquer de me faire piquer mes affaires en plus.

Ma valise en place, nous nous installons. Il a pris des sièges-couchettes, et non des banquettes-lit, c'est super.  Pour sa défense, il m’explique que l’agent au guichet lui a dit que c’était plus confortable. J’en doute un peu, mais bon. Moins cher ça je veux bien le croire… Je m’assieds à droite côté fenêtre, et premier problème : l’accoudoir à droite est trop haut, et impossible de le baisser, il est fixe. Cela n'a l’air de rien comme ça, juste un détail, mais essayez voir de vous asseoir confortablement, avec le bras droit collé au corps, et l’accoudoir à droite qui gêne. Je suis obligée de me mettre un peu en biais, pour ne pas cogner à ce put… d’accoudoir. Comment vais-je pouvoir dormir ainsi ? Je baisse le repose-pieds, et incline le siège pour essayer de m’installer un peu mieux. Cela ne change rien, je n’arrive toujours pas à caler mon bras, et merde. J’incline le siège au maximum (tant pis pour celui derrière), et essaie de me coucher sur le côté gauche, pour épargner mon bras et mon épaule. Cela me soulage un peu, mais installée comme ça, je glisse de mon siège, et j’ai très vite mal au dos, finalement la position n’est pas si confortable que ça.

En face de nous, du côté gauche, et assis dans le sens inverse par rapport à nous, un couple, ils ont l’air amoureux… Ils ont relevé l’accoudoir qui sépare leurs deux sièges, et la femme a sa tête posée sur l’épaule du gars. Il lui caresse le visage tendrement. Je ferme les yeux pour ne plus voir ça, je les envie trop. Je suis assise à côté d’un mec qui me semble très froid, comparativement. Je fais une tentative d’approche, j’essaie de poser moi aussi ma tête sur son épaule, mais il est loin, et ne bronche pas, alors j’abandonne, et je retourne dans mon coin, ravalant mes larmes et mon chagrin. Mais qu’est-ce que je fous là bon sang, pourquoi je ne suis pas restée chez moi, je regrette déjà.

Il est 22h30, j’ai mal. Le train est parti depuis 1h30, et je m’agite sur mon siège, n’arrivant toujours pas à trouver une position confortable. J’aimerai dormir, afin que les heures défilent plus vite, mais impossible, je ne trouve pas le sommeil, j’ai trop mal. Nous avons à peine échangé quelques mots depuis le départ du train… Christian a les yeux fermés, il somnole. Je jette à nouveau un œil sur le couple voisin, cette fois-ci, elle est couchée, la tête sur ses genoux. Je l’envie, j’aimerai tant être à sa place, est-ce qu’elle se doute seulement de la chance qu’elle a ? Je ferme les yeux pour ne plus la voir, essayer d’oublier ma position inconfortable, dormir un peu, juste un peu, pouvoir oublier la douleur qui me paralyse maintenant tout le dos.

J’ouvre à nouveau les yeux, il est minuit, il n’y a pas un bruit dans le wagon. A côté de moi, Christian ronfle. Je le secoue pour qu’il se tourne. Il marmonne un peu, change de position, et se rendort aussitôt. Si seulement j’arrivai à en faire autant. J’essaie de penser à des choses agréables, je me vois allongée sur le sable chaud, au bord de la mer, le vent qui caresse ma peau...

Je me réveille encore, le train vient de s’arrêter, j’essaie de voir où nous sommes, mais je n’en ai aucune idée. Je regarde l’heure sur mon portable, il est 1h00 du matin. J’ai l’impression que cette nuit ne va jamais finir, les heures ne passent pas, comme si le temps s’était arrêté. Je suis la seule à être réveillée, tout le monde dort. Le couple s’est endormi également, la main dans la main. Ils sont trop mignons tous les deux. Il faut que j’arrête de les regarder comme ça, cela ne va pas arranger mon cafard.  Je pleure en silence, j’ai le moral au 36ème dessous.

Les heures passent, lentement, beaucoup trop lentement à mon goût. Je regarde l’heure sans arrêt, je n’ai qu’une envie, c’est de sortir de ce train, et de pouvoir m’allonger enfin, ne plus avoir mal, dormir, simplement dormir, oublier mes soucis, ma blessure, ma douleur qui ne me lâche toujours pas, juste fermer les yeux et oublier…

Le jour se lève, je suis réveillée depuis un moment, il doit être 6h30 environ. Encore deux heures de calvaire, avant d’arriver à Port-bou. J’ai envie d’avaler quelque chose de chaud, un café par exemple, mais je vais devoir attendre encore.

08h30, le train va arriver en gare. Christian est réveillé aussi, nous échangeons quelques mots, sans plus. Nous voilà arrivés à Port-bou. Il descend ma valise, récupère son sac, nous descendons du train. J’ai mal partout, et je dois avoir une tête à faire peur. Peu et mal dormi, j’imagine les cernes sous mes yeux. Christian est déjà parti loin devant moi pfffff. Je le suis avec du mal, en tirant ma valise, mon dos m’élance, j’ai froid, je me sens mal, mais il va m’attendre ou quoi ? Enfin il remarque que je traîne, que j’ai du mal, et il m’attend… Je le rejoins. Il me demande si ça va. J’ouvre la bouche pour répondre, il est déjà reparti, sans attendre ma réponse. Grrrr. Enfin nous arrivons dans le hall de gare. Je m’assieds sur le premier banc libre, j’ai trop mal. Il me laisse avec les bagages, et va se renseigner au guichet, pour le train suivant. Il y a deux heures d’attente pratiquement, le train pour Flaça ne part qu'à 10h20. Christian revient avec les billets. Il a l’air en forme lui. Il me demande si je veux manger quelque chose. Je réponds oui, je n’ai pas trop faim, mais j’ai des cachets à prendre.

Il ramène deux espèces de croissants, c’est tout ce qu’il a trouvé… Il s’assied à côté de moi pour manger. Je grignote un peu, je n'ai pas faim, j’ai mal, sommeil, pas le moral, et il faut attendre deux heures parce que son père n’est pas foutu de venir ici nous chercher… Les minutes passent lentement, nous parlons à peine, je suis plongée dans mes pensées, et Christian ne dit rien, pas un geste tendre envers moi. Je reste froide moi aussi, même si j’ai le cœur gros.

A suivre…

 

Kelya - 26 septembre 2006

 

 

1 vote. Moyenne 5.00 sur 5.

Ajouter un commentaire

Vous utilisez un logiciel de type AdBlock, qui bloque le service de captchas publicitaires utilisé sur ce site. Pour pouvoir envoyer votre message, désactivez Adblock.

                                          CopyrightFrance.com

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site

×