Des vacances de rêve - Nuit d'enfer - suite - 16

 

 

Nuit d'enfer – 13 et 14 août 2006 - suite

Le temps passe, les minutes défilent, lentement. Christian se lève de temps en temps pour se dégourdir les jambes, puis revient s’asseoir à mes côtés. Il est 10 heures passé, j’accuse la fatigue, mon épaule m’élance sans cesse, malgré les cachets. Une personne en uniforme s’adresse aux gens dans la salle, en espagnol, elle passe d’un groupe à l’autre, et les gens sortent de la salle les uns après les autres. Elle s’approche de nous, et nous explique, dans un français approximatif, que notre train est sur le quai, et que nous pouvons déjà embarquer. Nous nous levons, il faut prendre les escaliers à nouveau. Je peine en descendant, j’ai mal dans tout le dos, au moindre mouvement la douleur se réveille, j’en ai marre de ce cauchemar, je retiens mes larmes avec beaucoup de mal. Arrivé en bas, il faut remonter de l’autre côté. Enfin, Christian me dit d’attendre en bas, il monte d’abord ses sacs, puis redescend m’aider avec ma valise. Il grimpe dans le train. Je le suis avec peine. Une dame voyant ma difficulté s’approche de moi et me prend d’office ma valise. Elle fait même lever quelqu’un, pour que je puisse m’asseoir. Ne parlant pas un mot d’espagnol, je la remercie avec un grand sourire, enfin quelqu’un de compatissant, je lui aurai presque sauté au cou si je n’avais été blessée.

Le train démarre, pour 40 minutes de trajet, nous devons descendre à Flaça, où son père nous récupère en voiture. Il est 11 heures, le train arrive en gare de Flaça. Il ralentit, je vois passer le panneau. Ca y est il s’arrête. Seulement, impossible de descendre, notre wagon n’est pas à quai. Christian s’adresse à un jeune homme, lui demande si nous sommes bien à Flaça (en français). L’espagnol baragouine quelque chose, Christian revient et me dit "Le train va avancer jusqu’au quai pour qu'on puisse descendre". Le train redémarre… mais ne s’arrête plus ! Je le regarde étonné, il a l’air surpris aussi. En fait, j’ai compris plus tard que nous aurions dû traverser les wagons pour pouvoir descendre. Nous voici coincés, il va falloir aller jusqu’à la prochaine gare. Je n’en peux plus, mais c’est quoi ce cauchemar. Je vais me réveiller, ce n’est pas possible. Christian téléphone à son père pour l’informer, et lui dire de nous chercher à la prochaine gare, Girone.

11h30, le train ralentit, gare de Girone. Cette fois-ci les portes s’ouvrent. Quelqu’un m’aide à nouveau pour descendre ma valise, merci monsieur, merci pour votre attention. Nous voilà dans le hall de gare de Girone. J’ai mal, je n’en peux plus, je craque, je pleure, j’arrive au bout de mes forces, je n’ai qu’une envie, c’est de prendre le train suivant et rentrer chez moi, rentrer, me coucher dans mon lit, et dormir, oublier ce cauchemar, oublier ce mec qui ne fait pas attention à moi, ce n’est pas possible, il ne m’aime pas, comment peut-il être aussi indifférent sinon. De plus, je vois à sa tête que je le gonfle, ça doit le faire chier de se promener avec une nana qui n’arrête pas de chialer. Je donnerai n’importe quoi pour pouvoir rentrer, mais je ne peux pas, je n’ai pas le choix, et me savoir aussi dépendante me fait pleurer de plus belle. Les gens me regardent bizarrement, mais je m’en fiche, si ça les amuse…

Je me calme un peu, je suis épuisée. Et son père qui n’arrive pas. Je suis assise sur ce banc, entourée des bagages, Christian est à l’entrée, pour voir arriver son père. Pourtant, les parois de la gare sont transparentes, je vois l’entrée également depuis mon banc, et les voitures qui passent, il pourrait rester avec moi. J’ai l’impression qu’il préfère attendre dehors, après tout, qu’il reste là-bas, même à côté de moi il n’aurait pas un geste de tendresse, je l’énerve, alors autant qu’il reste dehors.

Il est midi passé, son père arrive enfin, il aura mis presque trois quarts d’heures d’une gare à l’autre. Christian récupère une partie des bagages, et je suis avec le reste. Le père vient à ma rencontre, voyant que je peine et que j’ai une petite mine. Il me dit bonjour, me demande si ça a été le voyage, sans trop insister. Nous nous installons dans la voiture, pour la dernière partie du trajet. Je serre les dents, j’essaie de faire bonne figure, le plus dur est derrière moi. Le temps de sortir de Girone, et d’arriver enfin à Pals, à la villa, il est 13 heures. Nous sommes partis depuis la veille, au total, 15 heures de route, une horreur, un calvaire, si j’avais su !

Les enfants sont contents de nous voir, Amanda me saute dans les bras, Fabien me dit bonjour aussi. Nous déposons les valises en bas, dans l’appartement qui nous est réservé. Fabien me harcèle, il a une surprise pour moi : un petit chat en peluche dans un panier en osier. Ca me touche beaucoup, il joue au dur, mais il a un gros cœur. Je lui fais un énorme bisou pour le remercier, mon moral remonte un peu.

Nous devons monter, le repas est prêt. Quand j’arrive en haut, je me rends compte qu’ils ont déjà tous mangé… Bizarre, j’aurai pensé qu’ils nous attendraient nous sommes en vacances non ? Je m’assieds à table avec Christian et le père, et nous mangeons. C’est tiède, mais bon, des tomates farcies, j’adore ça, je vide mon assiette.

J’ai toujours mal malgré tout, et je sens de plus en plus la fatigue. Christian me propose de m’allonger un peu, je descends, et m’allonge sur un des deux petits lits de la chambre. Je sens toute la tension dans mon dos, et dans mon épaule, tous mes muscles blessés qui se réveillent. Cela me fait du bien tout de même d’être allongée, et enfin je m’assoupis.

Je me réveille fin d’après-midi, j’ai dormi un peu, mais j’ai mal au dos, le lit est bien trop mou. Christian a fait la sieste lui aussi, à côté, dans l’autre pièce ! J’ai récupéré un peu tout de même, ce n’est pas la grande forme, mais j’ai quand même moins le moral dans les chaussettes, ça m’a fait du bien de dormir. Et je me dis aussi, ça ne peut plus être pire que ce que j’ai passé jusqu’à maintenant. Je suis en Espagne, alors autant essayer de profiter un peu des prochains jours, pour ne pas avoir subi tout ça pour rien. Il est presque 19 heures. Les enfants sont en haut, dans la salle à manger. La mère de Christian leur a fait à manger, du poulet et des restes de pâtes. Cela m’étonne un peu, et nous alors ? Je sais bien que nous sommes adultes, mais c’est quoi ces façons de faire ! Je ne dis rien, même si ça m’énerve. Les parents eux ne mangent pas (cela aussi je trouve ça plus que bizarre !). La mère n’a pas faim, et le père se contente d’une pomme… Christian papote avec son père, je m’assieds dans le canapé, je ne dis rien. Les enfants ont fini de manger, il reste du poulet, la mère nous demande si nous ne voulons pas manger aussi… Je trouve ça génial comme façon de faire… Et si les enfants avaient tout mangé ? Je me tais, ça ne servirait à rien de l’ouvrir de toute façon, et je n’en ai pas la force. Je m’installe à table avec Christian, à la place des enfants, et nous finissons le reste de poulet.

Avec les cachets et le repos de l’après-midi, je me sens un peu plus présentable. Christian me propose d’aller voir la mer, c’est à dix minutes à pied. Je suis fatiguée, mais en même temps cela me tente bien, alors j’accepte. Les enfants nous accompagnent. Nous nous promenons un peu au bord de mer, les pieds dans le sable, c’est agréable, même si l’on ne voit pas grand-chose. Il propose ensuite d’aller faire un mini-golf avec les enfants. Ils sont contents, alors je ne peux pas refuser, même si je ne peux pas jouer, je regarderai.

Après le mini-golf, nous reprenons le chemin du retour, il est 23 heures passé. Enfin nous nous couchons, je vais pouvoir récupérer de la nuit dernière. Je suis si fatiguée que je m’endors très vite.

A suivre…

 

Kelya - 26 septembre 2006

 

 

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