Nuit d'enfer encore - 18



Mercredi 16 août 2006

Réveil à 8 heures passé, après une nuit assez difficile. Nous montons vite fait prendre le petit déjeuner, il faut aller à l'hôpital ce matin, pour faire la radio de contrôle que m’a prescrite le toubib de Tignes. Et la mère grommelle encore, pour changer. Mais elle n’arrête jamais ? Nous aurions dû nous lever tôt (ben heuuu désolée mais je suis en vacances là, alors pour moi c’est tôt !!!). Pour aller à Palamos il faut s’y prendre tôt, sinon nous serons obligés d’attendre des heures, etc. etc. Et bien ça tombe bien, car nous n'allons pas à Palamos justement ! Et toc. Je le ne dis pas, mais le pense très fort. En fait, quand j’en avais parlé à Christian, avant de partir en train en Espagne, il avait appelé son père pour lui demander si c’était possible de voir leur médecin. La mère avait fait une attaque cardiaque en Espagne, quelques années plus tôt, elle connaissait donc bien le médecin. Je leur ai donc fait confiance sur ce coup-là. Et quand le jour où je devais y aller arriva, je me suis rendue compte qu’ils n’avaient prévenus aucun médecin, que nous allions devoir nous débrouiller tout seul… Super la famille, si j’avais su ! Tant pis, de toute façon maintenant, je n’ai pas d’autre choix que de faire confiance à Christian.

Ca y est nous sommes prêts. J’emmène mes radios ainsi que le mot du médecin. Nous arrivons au centre médical vers 10 heures. Nous nous présentons à l’accueil. La personne parle à peine français. Ca commence bien. Je montre mon attelle, j’essaie de faire comprendre avec des gestes que je dois refaire une radio de mon épaule cassée. La personne me demande d’inscrire sur un papier mes nom-prénom et adresse. Puis elle nous indique des chaises un peu plus loin, c’est la "salle d’attente" apparemment. Nous nous asseyons à côté d’autres personnes déjà en train d'attendre. En face de nous, plusieurs portes numérotées, 12, 13, 14, 15, 16.  Elles s’ouvrent de temps en temps, des hommes ou femmes en blouses blanches en sortent, font rentrer des patients.

Il est 11h15, ça y est on appelle enfin mon nom ! Je prends mes affaires et me lève pour entrer dans la pièce, suivi de Christian. Le médecin semble comprendre quelques mots de français ouf. Je lui explique à nouveau pourquoi je suis là, lui montre mes radios précédentes, en lui disant qu’il faut que je fasse une radio de contrôle. Il examine rapidement mes radios, puis me dit qu’il faudra revenir… Le radiologue n’est là que le mardi et vendredi ! Et merde, nous avons attendu tout ce temps pour rien ! La personne à l’accueil n’aurait-elle pas pu nous le dire ? Pourtant, radio se dit radiographie aussi en espagnol ! Le médecin s’excuse de nous avoir fait attendre, mais il n’y est pour rien. Il nous conseille d’aller plutôt à Palamos, cet après-midi, ou demain, ou vendredi. Je lui demande pourquoi nous ne pourrions pas revenir ici vendredi, il m’explique que le radiologue est déjà "overbooking". Bon, ce n'est pas grave, nous irons donc à Palamos. Je récupère mes radios et nous partons (sans payer pour la consultation, sympa le médecin, mais bon il n’a rien fait non plus).

Il est un peu plus de midi quand nous arrivons à nouveau à la villa. Le père nous demande si ça a été, nous lui expliquons que nous allons devoir retourner à l’hôpital à nouveau. La mère jubile "Je vous l’avais dit, personne ne m’écoute jamais ici, et j’ai raison !". Oui madame je sais tout, nous le saurons pour la prochaine fois.

Les enfants passent à table, nous mangeons. Je n’ai pas encore vidé mon assiette que la mère se lève… chercher le nouveau cendrier qu’elle a acheté le matin même. Bien sûr, il est magnifique celui-là, elle l’a acheté et choisi toute seule… J’espère qu’elle ne va pas recommencer ses gamineries, ça me saoule. Non, elle se tait, et allume sa cigarette… C’est gentil d’attendre que j’ai vidé mon assiette, j’apprécie merci… Bon d’accord, elle est chez elle, mais il y a un minimum de savoir-vivre tout de même. Mais je crois que plus rien ne m’étonne.

J’ai mal au dos, et tout le bras me fait mal. Je descends m’allonger un peu après le repas. Après une petite sieste, je rejoins Christian et les enfants à la piscine, je n'ai pas envie de bouger aujourd’hui, j’ai mal. Je ne me plains pas, mais malgré tout je serre les dents. Je crois que je n’ai pas encore récupéré de la nuit dans le train. Les parents sont partis chez des amis, nous sommes un peu tranquilles, cela fait du bien de ne pas l’entendre rouspéter.

Fin d’après-midi, Christian me demande si j’ai envie de bouger, faire un tour aux arcades (une allée piétonne, avec quelques magasins, des cafés, et des jeux pour les enfants). Je n'ai pas une grande envie de bouger, mais je sens qu’il sature de rester à la villa. Je lui réponds d’accord, mais plutôt après le repas, quand j’aurai pris mes cachets à nouveau.

Les parents sont rentrés, la mère a trop bu, elle est d’une humeur… Pendant le repas, elle n’arrête pas avec ses remarques désagréables, son mari en prend pour son grade à nouveau. Le pauvre, il mériterait une médaille, je ne sais comment il fait pour la supporter. Tiens, elle s’en prend un peu à Christian aussi. Elle râle à cause de son chien encore. Elle ne veut plus le voir dans la chambre des garçons (c'est bizarre, jusqu'à aujourd'hui cela ne l'avait pas dérangé pourtant), et elle décrète que ce soir, il dormira en bas, avec nous. Christian ne répond pas. Moi, je suppose que de toute façon je n’ai rien à dire, alors je me tais.

Le repas terminé, nous allons faire un tour aux arcades, comme prévu. J’ai mal, mais j’ai promis, et puis ce n’est pas très loin, et nous faisons le plus gros du chemin en voiture. Je vais en profiter pour essayer de me trouver une petite chaise, pour la plage. Il y en a de toutes les couleurs, de toutes les tailles aussi. Des chaises style chaise de camping, avec un haut dossier, trop encombrant. Je veux juste quelque chose pour me caler c’est tout ! J’en vois une qui pourrait faire l’affaire. Je m’assieds dessus pour l’essayer. J’ai à peine posé mes fesses qu’une femme sort du magasin en râlant "Ce sont des chaises pour la plage, pas pour ici, vous aller la casser". Ben oui je sais que c'est des chaises pour la plage, mais faut bien que j’essaie avant d’acheter non ?? Ca me gonfle, mais quelle conne. Je dis à Christian "Viens on s’en va, je vais pas donner mes sous à quelqu’un d’aussi peu aimable, y’en a d’autres des magasins !!". La vendeuse me jette un de ces regards… je m’en fous, j’ai parlé assez fort pour qu’elle m’entende justement ! Elle se prend pour qui ? Un peu plus loin, autre magasin, et je vois quelque chose qui pourrait faire l’affaire : un coussin gonflable, qui enveloppe toute la nuque, et un peu plus large que mes épaules. Et si j’essayais avec ça plutôt ? En plus, au prix de 2 euros, si ça ne va pas je ne perds pas grand-chose. Adjugé vendu.

Un peu plus loin encore, un autre magasin, tiens des pinces à cheveux. Si j’en mettais, ça m’éviterait d’avoir les cheveux dans la figure, quand nous roulons en voiture (sans la capote y’a du vent !). J’en achète deux aussi, ça devrait suffire. Je commence à avoir le dos qui hurle, envie de rentrer, mais les autres n’ont pas l’air fatigués, alors je ne dis rien, je serre les dents.

Encore un arrêt, deux noires proposent de faire des nattes africaines. Cela irait super bien à Amanda. Elle est d’accord, nous choisissons la coiffure, et la voilà entre les mains de deux expertes. Pendant ce temps, Christian a donné quelques pièces aux garçons, il y a des jeux à côté. C’est long, un peu plus d’une heure pour la coiffer. Le résultat est super, mais je n’en peux plus, j'ai trop mal, il faut que je m’allonge. Je le dis à Christian, je sens qu’il est déçu, mais tant pis, il faut faire des concessions des deux côtés. Nous retournons en silence à la voiture. Je mets ma main dans la poche, et merde, j’ai perdu le sachet avec les pinces. Je lui dis, il me répond "De toute façon tu aurais eu l’air d’une gamine avec ces pinces". Et bien sympa !! Alors pourquoi il n’a rien dit tout de suite ? J’ai envie de pleurer à nouveau, gros coup de cafard tout d’un coup, super son réconfort.



Arrivée à la villa, il n’est pas loin de minuit. Les enfants montent se coucher. Christian n’est pas fatigué, mais moi je tombe. Je me déshabille, et me glisse sous les couvertures, essayant de trouver une position confortable, où la douleur est supportable. Il me demande s’il peut regarder la TV, si cela ne me dérange pas, je lui dis que non, même si je préférerai dormir, mais bon. Il regarde Arte, ou la 5, je ne sais plus, un reportage sur la guerre… Il aurait pu trouver mieux quand même.

Je n’arrive pas à trouver le sommeil, j’ai mal. De plus, le chien s’est installé sur mes jambes. Je l’aime bien Funky, mais quand même, il aurait pu trouver une autre place. Lui par contre, la télé ne l’empêche pas de dormir, il ronfle même. Je le pousse avec les pieds, le secoue pour qu’il arrête de ronfler. Christian me regarde d'un drôle d'air... Funky se réveille, descend du lit, et se couche dessous… Et recommence à ronfler de plus belle.

Christian a enfin éteint la TV, il ne doit pas être loin d’une heure du matin. Il s’endort rapidement, et moi je n’y arrive toujours pas. Sans le bruit de la TV, j’entends encore plus les ronflements du chien. Mais je veux dormir merde, j’ai mal, j’aimerai me reposer un peu. Je secoue Christian, lui dis que le chien ronfle, qu’il m’empêche de dormir. Il se lève avec un gros soupir, l’air de dire "Tu m’emm…" Il appelle le chien, il le supplie presque de venir. Funky est tout au fond sous le lit, contre le mur, il ne bouge pas. Christian se couche par terre pour l’attraper, Funky grogne, il ne veut pas sortir de sous le lit. Il l’attrape enfin, et passe avec lui dans la pièce à côté… ll se couche sur le lit avec le chien, le caresse pour qu’il se calme, le cajole pour qu’il s’endorme. Au bout d’un moment, je n’entends plus de bruit, je l’appelle, je lui dis "Tu ne vas quand même pas dormir là-bas avec le chien !". Il revient, sans fermer complètement la porte, et se couche à côté de moi. Silence…. Ça ne dure pas, le chien ronfle à nouveau, et moi je ne dors toujours pas. Je secoue Christian à nouveau, il râle. Je lui redis "Ton chien ronfle, je n’arrive pas à dormir". Il me répond d’un ton énervé "Mais que veux-tu que j'y fasse ? Je ne peux quand même pas empêcher le chien de dormir !" Mais et moi alors ?? Je n’en peux plus, je craque, mes larmes coulent en silence. Je veux seulement dormir, c’est vraiment trop demandé ? Je me lève, il ne sert à rien de rester coucher ici, je ne trouverai pas le sommeil. J’attrape mon portable et regarde l’heure, il est presque 3 heures ! Je lui redis, d'une petite voix "Mais je veux dormir, ton chien ronfle, je n’y arrive pas". Il me répond aussi sec "Tu veux que je fasse quoi ? Je ne peux pas le sortir, il va aboyer et réveiller tout le monde". Je lui réponds du tac au tac, très énervée "Dans ce cas-là c’est moi qui sort !". Il ne répond pas. Je n’y crois pas, il ne va pas me laisser sortir tout de même ????? Mais je l’ai dit, j’ai ma fierté aussi, dur de faire marche arrière, alors je continue sur ma lancée "Donnes-moi les clés, je vais aller dormir dans la voiture". Et il me les donne…. Je fais un mauvais cauchemar, ce n’est pas possible. J’attrape un coussin, et mon gilet, il ne bouge pas, me regarde faire. Je sors de l’appartement sans un regard en arrière, traverse la cour, ouvre la voiture, et je m’installe derrière. Je pleure, ce n’est pas possible, il bluffe, dans 2 minutes il va arriver et me dire de rentrer, qu’il regrette, me faire un câlin pour me consoler… Mais rien, je suis couchée à l’arrière de la voiture, les minutes passent, personne. Je n’en peux plus de douleur, de souffrance, je veux rentrer, rentrer, rentrer chez moi, même seule chez moi, cela ne peut pas être pire qu’ici. Mais qu'ai-je donc fait pour mériter ça ? Je demande juste un peu d’amour et d’attention, suis-je donc si mauvaise pour qu’il préfère cajoler son chien plutôt que moi ? Malgré ma position inconfortable, j’ai fini par m’endormir, au bout d'un très long moment, épuisée et en pleurs.

 

A suivre...

 

Kelya - 28 septembre 2006



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Commentaires (1)

1. gédine 29/08/2008

c'est pôôô juste !!!

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