Vacances de rêve - A la maison - 2ème partie - 13



Samedi 12 août 2006 - suite

Mon Msn sonne à nouveau. C’est encore Christian. Je vais voir, et je lis, juste une phrase : "Départ 20h54 demain". Je réponds "Oui". Je suis enchantée. Il me dit encore "J’ai retrouvé mon code (j’avais raison, il s’était bien trompé !), j'ai acheté les billets. Départ 20h54, arrivée à 8h34 à Port-Bou". Je suis ravie, j’en sauterai presque de joie… Je lui demande où se situe Port-Bou. C’est à la frontière. Après, on sera à 30 minutes de Flaça, là où son père doit nous récupérer. Un peu étonnée, je lui demande pourquoi il ne vient pas nous récupérer à Port-Bou. La réponse tombe : "C’est trop loin, et pour y accéder en voiture c’est très difficile, il y a des contrôles à cause du trafic de cigarettes, etc. etc. C’est mieux d’aller jusqu’à Flaça, même s’il y a deux heures d’attente entre les deux trains". J’ai l’impression d’avoir mal compris, je suis assommée là. J’arrive juste à lui répondre oui. On va passer près de 12 heures dans le train, et après il faut encore attendre deux heures, pour prendre un autre train ???? Il s’est rendu compte que j’ai une clavicule en miettes ?? J’en ai marre, mon moral qui n’était déjà pas au top, chute encore.

Christian ne se rend même pas compte que je ne réagis plus, et continue : "Il faudrait prévoir quelques trucs à grignoter, pour la nuit". Je lui réponds quand même que je n’ai pas grand-chose chez moi, et que je ne suis pas en état d’aller faire les courses. S’il s’imagine qu’en plus, je vais sortir faire des courses, il se fourre le doigt dans l’œil. Mais il est conscient de ce qu’il dit seulement ???

Tiens, changement de sujet, Christian se rappelle que je devais voir le médecin (enfin, mais après tout il est à peine 16h30 !), et me demande comment va mon bras. Je lui réponds "Bof, le médecin m’a prescrit d’autres médicaments". Seule réaction, il s’étonne que je tape malgré tout aussi vite… Pfff, sans commentaire, je ne réponds même pas. Puis il me demande si j’ai posé la question, pour le trajet en Espagne, je lui réponds que le médecin  n’y voit aucun inconvénient, si je m’en sens capable. Changement de sujet, Christian s’inquiète du retour aussi, il veut savoir si j’ai déjà contacté Mondial assistance, pour me faire rapatrier depuis l'Espagne, tout ceci pour éviter les frais de retour bien entendu… (c’est fou ce qu’il est inquiet pour ma petite personne, au passage). Je lui réponds, énervée à nouveau, que je ne peux pas déjà les appeler maintenant, alors que je ne suis pas encore partie. Il me redemande de voir tout de même si c’est faisable (à se demander s’il lit mes réponses…) le rapatriement avec ses enfants, sinon ça va lui coûter la peau des fesses, son compte fait déjà piètre figure, et il aura aussi des frais à cause de la rentrée scolaire aussi. LAMENTABLE. Je suis tellement vidée que je n’ai même pas la force de lui répondre comme je le ferai en temps normal Je lui dis juste que pour moi aussi c’est dur, mais il continue sur sa lancée, pffff autant parler à un sourd.

Changement de sujet à nouveau : il me demande si je préfère rester cette nuit chez moi. Je lui réponds que je dors mieux chez moi. Je m’attendais à ce qu’il suggère de venir me tenir compagnie, mais non, il passe à autre chose encore : est-ce que j’ai déjà mis les photos de Tignes sur l’ordinateur. Je n’en peux plus d’autant d’indifférence, je craque, et pleure. A travers mes larmes, je lui écris que je n’ai rien fait encore, que j'ai bien trop mal, et que j’étais couchée jusqu’à présent. Cela semble enfin le fait réagir un peu, il s’inquiète de savoir si c’est normal que mon bras soit bleu et enflé. Oui, c’est normal, le médecin m'a expliqué que l’hématome descend. Ca devrait aller mieux, mais là je ne suis vraiment pas bien, j’ai de la fièvre, et envie de vomir. La seule chose qui l'inquiète, c’est de savoir si cela ira dans le train, sinon les gens vont se demander qui est l’handicapé de nous deux. Mais j’en ai marre, qui c’est qui m’a collé un mec pareil ? Je pleure derrière mon écran, je n’essaie même plus de me retenir.

Christian me parle du lendemain maintenant, et me dit qu’il me récupère vers midi, treize heures. Merci de décider pour moi ! Je lui demande "Après le repas alors ?" Il aura mangé ? (je n'ai aucune envie de lui faire à manger encore en plus, j’ai ma dose là !). Ah tiens, peut-être que j’ai envie qu’on mange ensemble demain midi ? Je lui réponds que c'est comme il veut, je n’ai pas mangé encore depuis hier, et je n'ai toujours pas faim (les quelques fourchettes de riz que j’ai avalé, ce n’est pas vraiment mangé ça), la douleur m'abrutit complètement. Et ben lui non plus n'a pas faim. Un peu étonnée, je lui demande pourquoi. Il me répond qu’il est tout seul à la maison, qu’il ne supporte pas la solitude, que les enfants lui manquent. Il déprime !!! Je n’y crois pas, c’est le coup de grâce là, mais il est con ou quoi, pourquoi ne vient-il pas chez moi alors ??? J’abandonne, je n'ai pas envie de le consoler, je lui dis "Je ne tiens plus, je vais me recoucher". Il me répond "Ok, bisous, à plus". Je suis écoeurée, je pleure à chaudes larmes, je ne veux plus partir en Espagne, pas dans ces conditions-là. Et pourtant je me réjouissais pour ces vacances, j’en attendais tellement, mais là, je suis déçue, très déçue. J’ai mal, je me sens seule, j’en ai marre, moi aussi je déprime merde ! Je m’endors, épuisée.

Il est 20h passé, j’émerge difficilement. J'ai très mal à nouveau. J’aurai envie de prendre un bain chaud, pour me détendre un peu, mais seule je ne peux pas. Tant pis, je me résigne à nouveau. Je réchauffe le reste de riz de midi, pour manger un peu, et prendre mes médicaments. J’ai toujours l’estomac barbouillé, je ne sais pas si je vais pouvoir avaler grand-chose, mais je me force.

J’ouvre mes valises, pour faire un tri, mais je finis par laisser tomber, je n’en ai pas la force. Je vais faire un tour sur le net. Christian n’est pas là. Je discute un peu avec quelques ami(e)s. Ils sentent que je ne vais pas très fort, mais ils pensent que c’est lié à ma blessure. Je parle un peu de Christian à Olivier (un très bon ami que j'ai connu sur le net), mais sans trop rentrer dans les détails, je n’en ai même pas la force.

22 heures : j’envoie un coucou à Christian, pas de réponse. 23 heures, je lui envoie un coucou à nouveau, il ne répond toujours pas. Mais où est-il encore ? je croyais qu’il déprimait ? Tant pis, je ne vais pas l’attendre, je suis épuisée, je vais me coucher, pour essayer de récupérer un peu, la nuit suivante risque d’être très difficile.

A suivre…

 

Kelya - 15 septembre 2006

 

 

 

 

 

 

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